Journée d’étude interdisciplinaire

American University of Paris, 26 et 27 octobre 2017

Initiée par le réalisateur américain Steven Spielberg en 1994, la Visual History Archive (VHA) est une collection de témoignages vidéo enregistrés dans le but de préserver un grand nombre de paroles, visages, gestes et documents de rescapés de génocides et autres crimes de masse. Les témoignages de rescapés de la Shoah (51 333 à ce jour), recueillis à travers le monde dans 28 langues différentes, constituent l’essentiel de la collection. S’y ajoutent les récits d’autres victimes des nazis (Tsiganes, victimes de la politique eugéniste du Reich, homosexuels…), de témoins des persécutions durant la Seconde Guerre mondiale (libérateurs des camps, participants aux procès d’après-guerre…) ainsi que de survivants et témoins d’autres crimes de masse : le génocide des Tutsi du Rwanda (1994), le génocide des Arméniens (1915-1923), les massacres de Nankin (1937), ceux perpétués au Cambodge par les Khmers rouges (1975-1979) ou ceux visant les Mayas au Guatemala (1978-1996).

À l’University of Southern California (USC) de Los Angeles depuis 2006, la VHA a fait l’objet d’une numérisation et d’une indexation à la minute (plus de 62 000 mots-clés) et se trouve depuis 2014 valorisée par le Center for Advanced Genocide Research. L’intégralité des témoignages est aujourd’hui accessible dans 66 universités ou bibliothèques de 14 pays différents. En France, la collection est consultable à Paris au George and Irina Schaeffer Center for the Study of Genocide, Human Rights and Conflict Prevention de l’American University of Paris ainsi qu’à l’École normale supérieure de Lyon et les témoignages francophones sont également disponibles au Mémorial de la Shoah.

La VHA s’adresse plus que jamais aux chercheurs, qu’ils travaillent sur la Seconde Guerre mondiale et la Shoah ou sur les autres crimes de masse qui, depuis quelques années, complètent la collection. Ce sont désormais plus de 54 000 témoignages vidéo qui se trouvent régulièrement utilisés par des chercheurs de nombreuses disciplines : historiens, sociologues, anthropologues, géographes, juristes, chercheurs en psychologie, en littérature…

Face à cet ensemble unique de témoignages, initié dans le cadre d’un projet à visée mémorielle, morale et pédagogique puis orienté progressivement vers le monde académique, les chercheurs adoptent différentes attitudes, en fonction de leur discipline, sujet de recherche, formation et environnement intellectuel : de l’enthousiasme au scepticisme, de l’analyse critique de cette source à la reconnaissance de sa valeur.

L’objectif de cette journée d’étude est de rassembler une dizaine de chercheurs de différentes disciplines ayant fait usage de la VHA. Sont les bienvenus les chercheurs ayant centré leurs travaux sur l’analyse de la VHA en tant que corpus ou évènement mémoriel comme ceux pour lesquels il s’agit d’une source, principale ou secondaire, pour leurs travaux portant soit sur la violence et les génocides, soit sur d’autres sujets d’études sociales, politiques, juridiques ou culturelles.

En s’appuyant sur des travaux réalisés et des expériences de recherche, il s’agira de croiser les regards sur les apports et les limites de cette collection de témoignages. Mettre en perspective la VHA avec d’autres témoignages (écrits, audio ou vidéo), questionner sa valeur parmi d’autres types de sources, ouvrir une discussion sur les difficultés méthodologiques rencontrées par ses utilisateurs et

envisager de nouveaux usages de la collection seront les principaux points abordés au cours de ces deux journées.

La rencontre sera ouverte et clôturée par les interventions de Stephen D. Smith, directeur exécutif de l’USC Shoah Foundation, qui présentera l’historique et les usages actuels de la VHA, de Christopher Browning, professeur émérite d’histoire à l’University of North Carolina, Jeffrey Shandler, professeur d’études juives à Rutgers University, et Annette Wieviorka, directrice de recherche émérite au CNRS, lesquels exposeront leurs propres recherches autour de la VHA.

Les échanges se tiendront principalement en français mais quelques contributions en anglais peuvent également être acceptées. Les participants potentiels sont invités à envoyer un résumé de 500 mots avec un court CV aux organisateurs avant le 9 mai 2017. Une réponse leur sera donnée début juin 2017.

Les demandes d’aide aux frais de déplacement et de résidence seront examinées pour les chercheurs ne résidant pas en région parisienne.

Lieu : American University of Paris (AUP)

Comité scientifique : Brian Schiff (AUP), Philip Golub (AUP), Susan Perry (AUP), Annette Wieviorka (CNRS-IRICE), Claire Zalc (CNRS-IHMC)

Comité d’organisation : Emmanuel Debono (ENS de Lyon), Constance Pâris de Bollardière (AUP)

Organisation : George and Irina Schaeffer Center for the Study of Genocide, Human Rights and Conflict Prevention, American University of Paris ; USC Shoah Foundation (France)

Contact :
Brian Schiff : bschiff@aup.edu, Emmanuel Debono : emmanuel.debono@ens-lyon.fr, Constance Pâris de Bollardière : cparisdebollardiere@aup.edu